Coûts des soins et de l'EMS au grand âge
Comment une facture d'EMS se répartit entre soins, accompagnement et hébergement, ce que couvre l'assurance maladie, comment se compare le maintien à domicile et où interviennent les PC.
En bref : La plus grosse dépense du grand âge n'est généralement pas le traitement médical — c'est la part d'une facture de soins que l'assurance maladie n'a jamais eu vocation à couvrir.
La plupart des plans de prévoyance modélisent une ligne de dépenses longue et plate. En réalité, les dépenses baissent durant les premières années actives puis remontent avec les besoins en soins. Ce guide explique de quoi ces coûts tardifs sont réellement composés.
Une facture d'EMS comporte trois parts
C'est l'élément le plus utile à comprendre, car les trois parts sont financées de manière totalement différente :
- Soins — prestations infirmières et médicales, graduées selon les besoins. Le financement est partagé : l'assurance obligatoire des soins verse une contribution aux prestations de soins, le canton ou la commune prennent en charge la part résiduelle, et le résident verse une contribution plafonnée aux coûts des soins selon le cadre fédéral du financement des soins.
- Accompagnement — l'aide à la vie quotidienne qui n'est pas médicale : présence, animation, surveillance. À la charge du résident.
- Hébergement — la chambre, les repas, le linge, le nettoyage. À la charge du résident.
L'assurance maladie ne traite que le premier point. Les points deux et trois sont ceux qui consomment l'épargne, et ce sont eux qui varient le plus selon les établissements et les cantons.
Le maintien à domicile n'est pas automatiquement moins cher
Rester chez soi est souvent le souhait, et pour des besoins modérés cela revient généralement moins cher. Le financement suit la même logique : les prestations de soins sont partiellement couvertes par l'assurance maladie selon le même cadre, tandis que l'aide au ménage — nettoyage, courses, repas — ne l'est généralement pas.
Quand les besoins augmentent, le maintien à domicile peut exiger de nombreuses heures par semaine, et le calcul rejoint alors celui de l'EMS, voire le dépasse. Le choix est rarement purement financier, mais il ne faut pas le présumer moins coûteux sans faire les comptes.
Les prestations complémentaires
Si les rentes AVS et de la caisse de pension, ajoutées à votre fortune, ne suffisent pas à couvrir les dépenses reconnues, les prestations complémentaires peuvent combler l'écart. Il s'agit d'un droit et non d'une aide sociale, et elles font partie intégrante du financement des soins au grand âge en Suisse.
Deux aspects comptent pour la planification :
- Le droit est examiné au regard du revenu et de la fortune, et le calcul comprend une règle imposant la consommation d'une part de la fortune avant l'ouverture du droit.
- Comme la fortune est prise en compte, des décisions prises des années plus tôt — donations, retrait important en capital, achat immobilier — peuvent influencer la situation ultérieure. Mieux vaut le savoir avant d'agir qu'après.
Ce que cela implique pour un plan
- Ne modélisez pas les dépenses comme une ligne plate. Un plan réaliste comporte une phase active, une phase plus calme et une phase de soins, la troisième pouvant être la plus coûteuse.
- L'exposition porte sur l'accompagnement et l'hébergement, pas sur le volet médical. Une meilleure assurance maladie n'y change rien.
- Les coûts diffèrent nettement selon le canton et l'établissement, ce qui rend une projection personnalisée plus instructive qu'une moyenne nationale.
- Une réserve est un choix de planification, pas une règle. Son ampleur dépend de votre patrimoine, de votre situation familiale et de la part de risque que vous acceptez de porter.
Questions fréquentes
L'assurance maladie paie-t-elle l'EMS ?
Elle contribue uniquement à la part des soins. L'accompagnement et l'hébergement sont à la charge du résident, et ce sont généralement les postes les plus lourds.
Le maintien à domicile coûte-t-il moins cher qu'un EMS ?
Souvent, pour des besoins modérés. À mesure que les heures augmentent, l'écart se réduit et peut s'inverser, car l'aide au ménage n'est généralement pas couverte.
Que se passe-t-il si mon épargne s'épuise ?
Les prestations complémentaires existent précisément pour cette situation, examinées selon le revenu et la fortune. C'est un droit fondé sur le droit fédéral, non une aide discrétionnaire.
Dois-je mettre de l'argent de côté spécifiquement pour les soins ?
C'est une décision personnelle plutôt qu'une règle. Ce qui est certain, c'est qu'un plan supposant des dépenses constantes jusqu'à la fin de la vie sous-estimera les dernières années.
Sources : LAMal (RS 832.10), en particulier le cadre du financement des soins (art. 25a) fixant les parts à charge de l'assurance maladie, des cantons et de l'assuré ; LPC (RS 831.30) sur les prestations complémentaires à l'AVS et à l'AI, y compris les dépenses reconnues et les règles de consommation de la fortune ; Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Les montants effectifs dépendent du canton, de l'établissement et du niveau de soins évalué.
Information éducative, pas un conseil financier. Les règles et montants du financement des soins dépendent de votre canton et de votre situation personnelle.